La Marée d’août
Le 15 août, une femme de cinquante-sept ans se noie dans deux mètres cinquante d'eau, à deux cents mètres de quarante personnes qui dansent.
Ses sandales sont retrouvées le lendemain matin en haut de la cale, posées côte à côte, les brides rentrées à l'intérieur.
Personne n'a rien entendu. La gendarmerie conclut à une mort accidentelle. Le dossier part le mercredi.
Claire Vasseur était revenue sur l'île après trente-sept ans avec les trois mille diapositives de son père. Elle en avait accroché soixante dans la salle des fêtes, avec un cahier pour que les gens écrivent qui est qui. En huit jours, cent cinquante-huit personnes avaient écrit dedans, et une île qui ne parle de rien s'était mise à parler de tout.
Le lendemain de sa mort, il manque un panneau au mur ouest.
Le numéro 47.
Ils sont quatre à ne pas croire à l'accident. Une documentaliste, un cafetier, un pharmacien, la présidente de l'association culturelle. Ils ont cinquante-quatre ans et ils se connaissent depuis l'école.
Au mois de mars, ils s'étaient retrouvés pour la première fois en quarante ans, autour d'un mort que personne n'avait vu venir. Maëlle Kerneur était descendue de Paris pour trois semaines, le temps de vider la maison de sa grand-mère et de rendre les clés.
On est au mois d'août. Elle n'est jamais repartie.
Recevez ce livre gratuitement
Ce programme vous permet d'obtenir gratuitement l'œuvre de l'auteur. En contrepartie, vous vous engagez à lire l'œuvre et à publier votre avis honnête sur la fiche de ce livre. Vous restez libre de le partager aussi ailleurs — Babelio, réseaux sociaux, votre blog.
L'univers du livre
5 visuels signés par l'auteur — certains peuvent dévoiler un élément de l'histoire.