J'en aurais volontiers lu le double
Autant le dire tout de suite, parce que le titre et l'étiquette « forbidden » risquent d'attirer des lecteurs qui ne trouveront pas ce qu'ils cherchent : ce n'est pas une romance torride. C'est un thr…
Autant le dire tout de suite, parce que le titre et l'étiquette « forbidden » risquent d'attirer des lecteurs qui ne trouveront pas ce qu'ils cherchent : ce n'est pas une romance torride. C'est un thriller familial. Il y a bien une tension entre un homme et la femme de son frère, mais elle est faite de retenue, de gestes suspendus, de portes qu'on referme — pas de scènes chaudes. Une seule vraie scène d'amour, tout à la fin, écrite avec pudeur. Si vous venez pour le sulfureux, passez votre chemin ; si vous aimez les pièges qui se referment lentement, restez.
Le début est excellent. Une nuit de pluie, un accident, et un grand-père à qui on explique qu'il ne pourra garder qu'un seul de ses deux petits-fils. Trente ans plus tard, l'un dirige une banque à La Défense, l'autre tient un cabinet comptable à Belleville avec un ventilateur qui grince. Quand le premier retrouve le second, ce n'est pas par tendresse. Et l'échange qu'il lui propose n'est pas ce qu'il prétend être.
Ce que le livre fait de mieux, c'est de faire dérailler la mécanique par la douceur : le frère qui prend la place joue mal son rôle, et ce sont précisément ses maladresses honnêtes qui commencent à tout dérégler autour de lui. Il y a aussi une histoire de tarte au citron qui m'a fait sourire et qui en dit plus long sur un mariage que trois chapitres d'explications.
Mon regret : quatre-vingts pages, c'est trop court pour un dispositif pareil. L'apprentissage du rôle — le cœur de l'idée — est expédié en une phrase, et la fin s'enchaîne trop vite pour qu'on ait le temps d'avoir peur. J'en aurais volontiers lu le double.
Toto
