« Pour mon fils, s'il revient »
Deuxième Pierre Maneschi pour moi. Après Léa, changement de décor : un garage niçois, une odeur d'huile chaude, et une Lotus Elise noire qui dort sous une bâche.
Jean-Philippe a quitté la maison de…
Deuxième Pierre Maneschi pour moi. Après Léa, changement de décor : un garage niçois, une odeur d'huile chaude, et une Lotus Elise noire qui dort sous une bâche.
Jean-Philippe a quitté la maison de son père sur une gifle qu'aucun des deux n'a jamais digérée. Des années plus tard, une lettre de notaire lui apprend que Jo est mort et lui laisse le garage. La clé du cadenas de la Lotus l'attend dans une enveloppe : « Pour mon fils, s'il revient... ». Il soulève la bâche, pose la main sur la carrosserie et lâche : « Pardon, Papa. » Deux mots, et j'étais embarqué.
Là-dessus débarque Lucas. Un employé que le père aurait embauché, qui sort de l'ombre sans un bruit, fume des cigarettes qui ne sentent rien et connaît des secrets de famille que Jean-Philippe n'a jamais racontés à personne. Océane, la jolie cliente à la Panda qui tousse, ne tombe jamais sur lui. Fantôme ? Souvenir ? Autre chose ? J'ai tourné les pages pour savoir, et le passage au commissariat m'a fait relire la même réplique deux fois, bouche ouverte.
Et puis cette voiture. La première fois qu'il met le contact, les voyants s'allument un à un et son cœur se cale sur leur pulsation. Chair de poule (et j'ai pas l'habitude de m'attacher à une bagnole). Tout le livre roule vers une route en lacets au-dessus de la baie de Villefranche, et le dernier chapitre, je l'ai lu en retenant ma respiration.
Le style charge un peu la mule au début, avec une comparaison pour chaque objet (des volets « pareils à deux vieux chiens endormis »). Ça passe vite, le récit prend de la vitesse en même temps que la Lotus.
Une soirée de lecture sur un fils, un père et tout ce qu'ils se sont pas dit. Avec du cambouis sous les ongles.
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